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Les peintures de Rolande Huillossou – Mrazovac
By: Robert Marteau
On pourrait reprendre, au sujet de Rolande le mot d’Auguste Renoir, « Je peins parceque ça me fait plaisir. » etcela n’implique nullement qu’elle peigne pour elle-même non plus que pour son autosatisfaction : ce serait plutôt pour faire partager le plaisir à ses proches comme à ses amies ; pour qu’ils lui en disent quelque chose sijamais ca leur parle. C’est ainsi que nous allons voir detemps à autre l’ouvrage en cours et que la conversation s’engagea à propos deceque nous voyons. Nous comparons, nous scrutons l’invention deson pinceau, nous l’interrogeons.
Elle répond souvent par une anecdote, ettoujours humblement : c’est son petit-fils qui ademandé d’ajouter un escargot aux fleurs du bouquet ; our bien elle se tait quand son mari fait remarquer que le pot de terre où sont ces mêmes fleurs tourne encore sur le tour du potier. Rolande est près de la nature, comme on dit si bien. Elle y puise ; ce’st là son gonds inaliénable. Je lui dis : votre nature morte au cristal n’est pas sans parenté avec Le dessert et les gaufrettes de Lubin Baugin. Elle veut aussitôt aller voir l’oeuvre au Louvre.
Comme de la nature elle tire ses fores pa la couleur, on ne s’étonnera pas qu’elle ait pu passer, innocemment, pourrions-nous le dire, de la figuration à la non-figuration. Dans un cas comme dans l’autre il est claire que nous est offert un poéme silencieux où la violette, par exemple, est ici reconnaissable tandis que là elle devient simplement sa propre couleur. Chacun des tableaux de Rolande est le moment d’une musique en libre métamorphose.
En mai 1996